La fille aux chaussures

Les habits du dimanche...

 
 
 

  Je viens de terminer un livre extraordinaire, un que je vais m'empresser de placer dans mon Panthéon personnel de mes meilleures lectures. Ce petit chef d'oeuvre, c'est "Les habits du dimanche" de François Morel.
 
Le nom de l'auteur vous dit forcément quelque chose. Normal, puisqu'il a campé pendant plusieurs saisons un personnage éponyme dans "Les Deschiens".
Je le trouvais déjà émouvant avec ses chemises à carreaux improbables, ses écrits n'ont fait que renforcer ce sentiment.
 
"Les habits du dimanche" est un livre nostalgique sur l'enfance, le temps qui passe, les gens qui partent... Mais, rien de triste, de larmoyant. De la nostalgie pure, selon sa plus jolie définition : "la nostalgie, c'est le bonheur d'être triste".
 
Dans les années soixante, Adrien mène une vie d'enfant et de jeune adolescent dans une petite ville de province entre son père employé modèle des Etablissements Bonprince ("Le fromage Bonprince, le fromage des princes"), sa mère qui n'a jamais eu qu'un rêve "devenir vedette de la chanson" et à qui Tino Rossi a adressé, semble-t-il, une carte pleine de sous-entendus, sa demi-soeur, Maryline ("qu'il est seul à appeler Ma Ryline"), son jeune frère Félix et son grand-père ("J'interroge grand-père : "Tu viendras cette année à l'hommage des anciens combattants ? - Me geler le cul, je te remercie bien").
A ce quatuor majeur, s'adjoignent sur la scène du petit théâtre cocasse et touchant d'Adrien quelques personnages insolites comme Monsieur Bonprince, le directeur général des Etablissements Bonprince "qui est demeuré très simple et vient parfois dîner chez les parents d'Adrien", Mademoiselle Morzadec ("notre dame catéchèse"), le petit Paul, "le nouveau à l'école qui est un sentimental", tonton Maurice et tata Madeleine qu'on voit une fois l'an pour les voeux et qu'on retrouve chaque année, lui "diminué mais pas tellement plus que l'année dernière" et elle "agonisante mais pas tellement moins que l'année prochaine". Il y a encore Gérard, le beau-frère d'Adrien, qu'Adrien n'aime pas, mais alors pas du tout, ou bien encore la souriante et Jolie Aminata, la jeune Africaine nouvellement arrivée en".
 
Découverte du monde, des autres, de l'amour, de l'ennui, de la jalousie, de la mort, composée de saynètes aussi drôles que touchantes...  
 
Une dernière chose, le livre est épuisé dans sa version poche. Il vous faudra donc dépenser quelques deniers de plus... ou courir à la bibliothèque!
 
"Les habits du dimanche" de François Morel - Ed. du Rocher - 12,96 euros. 

 

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